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Le Québec n’est pas assez riche pour perdre des entreprises, et encore moins des entrepreneurs.

Par Nathaly Riverin


Chaque conversation compte.

Comme Repreneure en chef, j’ai eu le privilège de parler devant deux grandes foules lors du grand rassemblement d’Entre Chefs et du Gala du Club M&A. (Merci à David Marchand et Ugo Dionne pour les invitations.)

Et aussi d’animer la première rencontre de travail du cercle d’experts en repreneuriat co-présidé par le ministre Bernard Drainville.

Mon message : L’entrepreneuriat est en déclin constant au Québec. Au net, on perd 3 100 entrepreneurs par année. Non, le volume des nouveaux entrepreneurs ne comble pas les sorties des affaires, et même si vous transmettez votre entreprise, un entrepreneur en remplace un autre — ça ne freine pas le déclin. On peut faire de la sémantique, ça ne changera rien.

Si notre fierté pour les entrepreneurs du Québec pouvait égaler celle pour les Canadiens, on changerait la tendance !

Parlons en langage de séries pour illustrer l’enjeu.

On pourrait remplir le Centre Vidéotron à ras bord avec les entrepreneurs qui pensent fermer leur entreprise cette année .

Pourquoi le diront-ils ?

  • Pas de relève ou d’acheteurs? (fausse croyance — on compte 1 000 repreneurs potentiels sur l’Index de Repreneuriat Québec)
  • Pas de rentabilité (vraie)? — 50 % des faillites du Canada sont au Québec depuis des années!
  • Perte de motivation et du feu sacré de l’entrepreneuriat ? (vraie, 36% des entrepreneurs sont à risque d’épuisement (BDC, juillet 25)

Ce n’est pas une fatalité. Une première conversation avec une personne de confiance peut tout changer. (www.perseveranceentrepreneuriale.org)

On remplit deux fois le Centre Bell avec les entrepreneurs de 55 ans et plus (ils sont 44 000 sur 123 000-déc 2025). 60 % n’ont pas planifié leur sortie des affaires. Cela dit, on estime qu’il faut cinq à dix ans pour préparer son transfert — pour que ce soit suffisamment satisfaisant après toutes ces années de labeur.

Pourquoi ?

  • Pas de relève ou d’acheteurs… hmmm, je ne cesse de me faire contacter par des acheteurs et repreneurs sérieux… en avez-vous parlé autour de vous? Cela dit, Entrepreneurs, vous êtes les mieux placés pour former, préparer et accompagner les futurs entrepreneurs!
  • Pas le temps d’y penser ? Ça se comprend, ça brasse depuis 2020… il y a d’autres feux à éteindre. Pensez-vous que ça va ralentir? Tant qu’à faire des choix stratégiques, priorisons ceux qui vont augmenter la valeur de revente, non?
  • Par où commencer ? Une discussion avec un autre entrepreneur? Avec vos enfants?  Une évaluation de la valeur de votre entreprise? (J’ai découvert une appli toute simple et québécoise– Optionnality)

Ce n’est pas une fatalité.  Un premier pas, une première conversation avec une personne de confiance peut tout changer.

Gala du Club M&A, Montréal. Merci au PDG @Ugo Dionne

L’autre allocution était devant l’intimidant écosystème des fusions et acquisitions du Québec, au Gala du Club M&A. J’avais deux minutes pour passer le message… Si on vend tous nos fleurons aux étrangers… on va manquer d’ouvrage dans quelques années. Là aussi, une bonne conversation peut tout changer.

Dans la salle, on parlait de transactions et de très gros dollars.

« Bonjour, moi je suis buy side », « moi je suis sell side »… et vous ? OK, ben moi je suis dans le « side » des entrepreneurs, pas toi?

La plus belle conversation, je l’ai eue avec un entrepreneur de Québec, en nomination pour une grosse transaction, qui m’a raconté fièrement avoir vendu à ses cadres. Il avait des offres plus alléchantes de firmes étrangères, mais ça ne résonnait pas. Il a écouté sa petite voix intérieure et il a levé la main. Les grands décideurs économiques du Québec étaient présents pour eux. Ce soir-là, il n’a pas gagné la plus grosse transaction — mais il célébrait avec toute son équipe de repreneurs.

Grâce à cette intuition, à cette mobilisation, ce fleuron rayonne encore comme une fierté du Québec inc., et pour longtemps.

Contenu de l’article
Première rencontre du Cercle d’experts en repreneuriat du Québec

L’Offensive Repreneuriat du gouvernement du Québec est là pour nous rappeler que tous les entrepreneurs sont importants et que des ressources existent pour favoriser le repreneuriat: quebec.ca — Repreneuriat

Merci au cercle d’experts pour les conversations animées et pour votre engagement envers nos entrepreneurs : Bernard Drainville, Annie Thabet , Claudine Roy C.M. C.Q., Jessica Grenier, FEA , Robert Dutton , Philippe Huneault , Jean-Philippe Ménard , David Marchand, Pierre Graff , Alexandre Ollive, MBA, M.Sc. de Repreneuriat Québec ,

Tous les entrepreneurs sont importants, les startups génèrent les innovations et (c’est risqué!),  les petites entreprises seront nos fleurons demain (40% des travailleurs autonomes souhaitent faire leur première embauche), les restaurateurs nous font rayonner mondialement dans le guide Michelin, les moyennes propulsent la productivité et le savoir faire québécois, les grandes veillent à développer des solutions pour notre sécurité nationale…je pourrais vous lister 123 000 raisons d’y croire.

Après les séries on change le GO HABS GO par DON’T GO QC INC DON’T GO!