
Persévérance entrepreneuriale célèbre ses trois ans … et demi!
Par Nathaly Riverin
Nathaly Riverin, PDG et fondatrice
Et le Québec a maintenant un filet de sécurité pour ses entrepreneurs en difficulté
Premier chapitre de notre histoire!
Temps de lecture: 20 minutes
Tu demandes à un enfant : tu as quel âge?
Avec sa toute petite main, il te pointe trois doigts et tente de faire le demi, parce que c’est important, le demi… 🙂
C’est une fierté incroyable de vous partager que le programme Persévérance entrepreneuriale, créé sous l’organisme Think tank en entrepreneuriat, célèbre ses trois ans d’activités officielles et six mois… de préparation!
Permettez-moi de vous raconter notre histoire. Le premier chapitre de histoire d’entrepreneuriat!
Trois ans (et demi) d’activités… vous allez me dire : « c’est jeune pour une entreprise ».
J’ai envie de vous répondre : « oui, mais non! »
En théorie, on boucle cette période de démarrage, définie par la science à 42 mois. Yes! On passe dans la catégorie entreprise établie. Toutefois, avec une équipe de séniors, d’entrepreneurs en série — parce que c’est ma 4e entreprise créée — l’expérience, les contacts et la maturité transparaissent dans tout. J’ai le sentiment que ce n’est pas si « jeune ». En tout cas, pas dans le sens d’immature (ou c’est moi qui ne suis plus si jeune… et ça compte 😉).
On a déjà connu tellement de phases classiques en affaires!
Le prédémarrage
C’est une période où tu prêches dans le désert, avec des convictions, un plan, un budget, et où tu dois convaincre des partenaires ou de futures ressources d’embarquer… et de patienter… quand on aura enfin « attaché » notre financement.
Dans notre cas, ça commençait par un financement public octroyé dans le cadre du Plan stratégique du MEIE (23-25) : projet conventionné, subventionné, surveillé, mesuré, vérifié… jour 1. Bienvenue dans le monde des OBNL!
Pour m’aider, j’ai intégré dès le départ une CFO (35 ans d’expérience en grande entreprise cotée en bourse) et je l’entends encore me dire :
« Mais c’est ben compliqué… »
On a réussi le niveau 1 : attacher son financement, avec une confirmation officielle en novembre 2022, une commercialisation prévue pour décembre 2022 et un démarrage officiel des inscriptions… en janvier 2023!

Notre mandat était clair : livrer les résultats attendus, dans les paramètres attendus.
Merci à nos partenaires principaux du démarrage : MNP, la Fondation de la famille Lemaire, l’EEB, la BNC, Rouge Canari, la Clinique Lacroix, Infini Stratégies, Complicia et évidemment le MEIE. Nous avons fait équipe avec vous!
Un lancement officiel sur les chapeaux de roues!
La réponse des entrepreneurs en difficulté a été instantanée, notamment parce que @Dominic Gagnon s’est ouvert sur sa faillite et ses enjeux de santé mentale dans un article dans Les Affaires. À ce moment-là, Persévérance était exactement ce qu’il cherchait. Le first follower est tellement important! Merci!
En janvier 2023, je vous garantis que nous étions à fond dans un démarrage accéléré : une start-up en mode MVP (minimum viable product). La commercialisation roulait à fond depuis décembre 2022, le téléphone sonnait déjà beaucoup…
À la fin janvier, quand le ministre Fitzgibbon est venu assister à notre lancement officiel, on affichait complet pour deux ans…
Sentiment partagé : notre projet répond réellement à un besoin des entrepreneurs — et c’est une bonne nouvelle — mais en même temps, ça signifie que beaucoup d’entrepreneurs vivent des difficultés.
D’une idée de créer un programme d’accompagnement et de formation pour les entrepreneurs en difficulté (ma spécialité), il fallait en même temps développer l’entreprise : la structure de gestion, l’infrastructure technologique, les stratégies marketing, inventer des contrats, activer les ententes avec les partenaires… et surtout, mettre en place un système et un suivi budgétaire fiables — pas ma spécialité. Comme beaucoup d’entrepreneurs, on aime davantage développer le produit et aider nos clients!
Pendant cette période chaotique, j’ai eu la chance d’être entourée de gens qui acceptent l’imperfection, qui n’ont pas besoin de processus trop clairs (ça va venir!), qui ont un profond besoin de créer ensemble, qui sont d’une agilité exemplaire — parce qu’il faut digérer la différence entre un plan et une réalité — et qui m’ont fait suffisamment confiance pour accepter qu’on n’a pas pensé à tout et qu’on n’a pas toutes les réponses.
Merci notamment à JP Rivard, Anne-Pierre Paquet, Nadia Bussières, Chantale Blouin, Caroline Faucher, Lynda Coache, Francis Matthieu et Katia De Pokomandy Morin, Ugo Dionne , Martine Hudon pour votre dévouement et votre immense contribution.
Les premiers résultats
Après un an, on était prêts à en prendre plus, à aider plus d’entrepreneurs, et on récoltait déjà des résultats tangibles :
- 100 % des persévérants ayant complété le programme le recommandent
- 87,5 % vont persévérer en affaires
- 95 % ont amélioré leur santé mentale
- 82 % leur santé financière
Sans compter les apprentissages, le réseau, la posture entrepreneuriale.
Après quelques mois de travail, le MEIE bonifie notre subvention pour plus que doubler notre capacité d’aide.

Gérer la croissance : du MVP à une entreprise formalisée
Au début, tu travailles avec les deux mains dans ton entreprise et tu sous-estimes la force de cette proximité avec l’équipe rapprochée. Plus de boulot, plus de tout. Tu recrutes, l’équipe grandit… et là, les petits bouts qui dépassent apparaissent.
Il faut communiquer à un plus grand groupe, structurer et déléguer pour s’enlever les mains de partout, formaliser les façons de faire pour que tous travaillent dans la même direction : un CRM, un nouveau site dédié, une première plateforme pour gérer ce volume d’activités de co-développement et de formation.
C’est ce que nous avons fait en 2024, entre autres.
On a aussi défini nos valeurs. Ça nous manquait.
Bienveillance, vrai, agilité, contribution et plaisir, parce que c’est assez dure de même, c’est pas obligé d’être plate en plus!
Je peux vous assurer que même dans une « pas si jeune entreprise », même avec une équipe agile et des intrapreneurs engagés, la gestion du changement est exigeante. C’est rapide de retomber dans ses habitudes… les fameux 21 jours!
On a trouvé les bonnes personnes pour les bonnes chaises. Vraiment bonnes.
Merci à Jean-Denis Parent, Philippe Beauregard Totaro, Maryse Lambert et Aurélie Jacquin Quesnel. Grâce à vous, tous les coachs, formateurs et experts sont soutenus, le programme poursuit sa lancée, le téléphone sonne, les clients sont satisfaits. Et on reçoit des témoignages au-delà de nos attentes.
On sauve des vies humaines et des entreprises. Sans compter le développement des compétences, le coffre à outils, le renforcement de la posture entrepreneuriale, le réseau. Pas surprenant que nos persévérants retrouvent la rentabilité et que 25 % d’entre eux aient connu une croissance de plus de 10 % de leur chiffre d’affaires à la fin des 12 mois.
Le choc : l’abandon du soutien gouvernemental
Heille… impensable dans notre esprit que le MEIE coupe notre subvention. On est le seul filet de sécurité pour les entrepreneurs en difficulté du Québec, et on a de moins en moins d’entrepreneurs au Québec. On n’a pas les moyens d’en perdre un!
Le 1er avril — oui, oui, le 1er avril — on nous annonce la coupure totale de notre financement. Ce n’est pas une priorité pour le gouvernement. Eh ben…
Je revenais de notre grande rencontre avec les Persévérants, ces moments où l’on rassemble, en présentiel, tous nos persévérants, de toutes les régions et de toutes les cohortes, ceux qui s’en sont sortis et ceux pour qui c’est encore fragile. Cette journée-là, nous étions 75 entrepreneurs provenant de toutes les régions.
J’aurais vraiment aimé qu’on vienne leur dire ça en pleine face :
« Vous n’êtes pas notre priorité. »
Peux-tu y croire?
Même si ça coûte moins de 6 000 $ par entrepreneur pour un an d’accompagnement?
si le retour sur investissement estimé est de 10X pour le gouvernement? si 50 % de toutes les faillites du Canada sont au Québec depuis cinq ans?
si une entreprise en rentabilité négative ne paie pas d’impôt?
Et que si elle retrouve une rentabilité de 60 000 $ de bénéfices nets, à 20 % d’impôt, l’État est remboursé deux fois à la fin du programme?
Aucun argument économique n’a fait changer la décision.
Même si notre taux de suicide est deux fois plus élevé chez les entrepreneurs que dans la population générale?
Même si on sauve des vies d’entrepreneurs?
Non.
Leçon ré-apprise : ne jamais être dépendant d’un « gros client ». Et surtout pas d’une décision aussi incompréhensible. Quand ce n’est pas logique, c’est politique. Regarde de l’autre bord de la frontière…
Se relever, transformer, persévérer
C’était il y a neuf mois. On a eu droit à une aide de transition pour notre « redressement »… ou notre fermeture.
On dit que quand un navire coule, les rats quittent le bateau en premier.
Pas notre équipe.
Nous avons continué à accompagner nos persévérants jusqu’au bout de nos engagements, puis à animer notre belle grande communauté, aujourd’hui forte de plus de 250 persévérants. Merci encore à Caroline, Dominique, Lynda et Maryse pour la différence considérable que vous faites auprès d’eux.
Malgré l’incertitude, malgré la colère et le haut-le-cœur, toute l’équipe s’est retroussé les manches. Ensemble, on a viré le bateau de bord, revisité le modèle d’affaires, optimisé les outils et plateformes numériques. Innovation, productivité, transformation numérique, IA : on a tout intégré. Même dans une entreprise de presque trois ans.
Avec la foi on a continué. Cette foi qui se nourrit de peu.
En avril, on a reçu une pluie de reconnaissance, de « lâchez pas, ce que vous faites est important » de la part de tout notre écosystème. Merci!
En mai, des entrepreneurs se sont impliqués pour devenir de grands persévérants et m’aider à en recruter d’autres. Merci à nos grands persévérants!
En juin, le conseil d’administration s’est mobilisé pour bâtir le plan de match 2026-2030 et activer ses réseaux. Merci chers administrateurs!
Juillet : repos.
En août, les partenaires et référenceurs ont diffusé la bonne nouvelle. Avec leur aide, on a lancé des webinaires mensuels et des conférences régionales. Merci MAIN, EVOL, EEQ, ainsi que plusieurs MRC et SADC!
En septembre, c’était reparti : recrutement des cohortes C24 et C25… version optimisée.
En octobre, j’ai été invitée à Paris sur un panel international sur le rebond. On avait un programme solide, professionnel, comparable aux meilleurs. Rien à envier aux autres pays — sauf peut-être leur financement public et la gratuité de leurs programmes…
En novembre, une belle annonce dans le cadre des 15 ans de l’EEB : la Fondation de l’EEB nous soutiendra financièrement pour les séjours Persévérance à l’EEB. Merci Isabelle et Marc.
En décembre, lancement officiel de la communauté Persévérance, avec un membership pour continuer l’aventure ensemble. Un réseau d’entrepreneurs capables de se dire quand ça va mal… et quand ça va bien.
Encore en décembre, premiers versements des profits du livre Et si l’entrepreneur rendait fou? de Dominic Gagnon et Isabelle Nassens. Une gratitude immense envers Dominic. Son soutien a été instantané et constant depuis trois ans. Merci!
Puis, un appel d’un ancien persévérant : son entreprise va vraiment mieux — 10X le chiffre d’affaires, 10X plus d’employés depuis la fin de son parcours — et il voulait faire un don. Ça tombait bien : nous sommes maintenant officiellement un organisme de bienfaisance, avec la capacité d’émettre des reçus fiscaux.
La vision renouvelée prenait forme : créer un véritable mouvement de solidarité entre les entrepreneurs à succès et ceux en détresse.
Persévérance entrepreneuriale 2026 : une ambition claire
Janvier 2026. Trois ans (et demi).
La tempête est presque passée.
Il y aura toujours des défis. C’est ça, l’entrepreneuriat. Ce n’est pas un long fleuve tranquille. Même quand tu penses que tout est correct, tu peux être surpris.
Avec une profonde conviction et beaucoup d’agilité, nous avons réussi à créer un filet de sécurité pour tous les entrepreneurs en difficulté du Québec (vivant des enjeux de santé mentale et financiers). Un filet tissé par une équipe d’experts et de cœur, qui accompagne l’humain derrière l’entrepreneur.
Entreprise établie en théorie.
Ambition amplifiée.
Notre objectif: Pérenniser le seul filet de sécurité pour les entrepreneurs en difficulté du Québec afin de préserver notre précieux tissu entrepreneurial. Un programme humain.
- Sensibiliser les entrepreneurs du Québec à l’importance de demander de l’aide avant l’épuisement et la rupture financière. Quand la santé mentale n’est plus au rendez-vous, il est difficile de maintenir une entreprise en bonne santé. Et quand l’entreprise va mal, vivre ça seul est extrêmement lourd. Il y a des solutions.
- Offrir à tous les entrepreneurs en difficulté un premier appel gratuit d’une heure : une écoute attentive et bienveillante, sans jugement.
- Aider 1 000 entrepreneurs en difficulté dans les 3 à 5 prochaines années. Tous les entrepreneurs à succès à qui je parle me disent qu’ils auraient eu besoin d’un programme solide comme Persévérance à un moment charnière. Pas d’un syndic. Pas d’un psy. D’un réseau d’humains et d’experts qui comprennent réellement ce que traverse un entrepreneur.
- Mobiliser notre communauté de persévérants et les entrepreneurs à succès pour créer ensemble un mouvement de donner au suivant.
Et tout plein de nouveautés à annoncer en 2026!
Persévérance en chiffres (2026)
- Plus de 2500 entrepreneurs rejoints via des conférences et webinaires
- Près de 2 000 premiers appels d’entrepreneurs en détresse
- Plus de 300 entrepreneurs accompagnés dans toutes les régions
- Plus de 6 000 heures de formation, de coaching et d’expertise
- Une équipe tactique, des coachs, des grands persévérants, des experts, de magnifiques humains
- Des partenaires financiers privés engagés
- 100 % des persévérants nous recommandent
- Des persévérants qui s’impliquent et redonnent au suivant
À l’automne, on a réuni quelques finissants du programme pour faire deux focus groupes.
Profil de nos 310 persévérants à ce jour:
- Entre 30 et 45 ans en moyenne donc en plein coeur de leur carrière entrepreneuriale
- Seul ou en couple
- Chiffres d’affaires variant de 150K$ à 15M$, médiane à 1M$
- Un peu plus de 50% de femmes
- Endettement élevé
- Rentabilité faible ou négative
- Épuisement, découragement, burn out ou idées noires
Pourquoi les entrepreneurs devraient faire le parcours Persévérance entrepreneuriale?
- Parce que c’est un espace sécurisé, un safe space, sans aucun jugement, pour être vrai.
- Parce qu’en confiance, je peux me donner la permission d’être vulnérable et mettre ma carapace de super héros de côté.
- Parce que l’équipe prend soin de moi et je me le permets aussi.
- Pour sortir de l’isolement de l’entrepreneur et communiquer sans filtre avec d’autres entrepreneurs.
- Pour me sentir moins coupable de prendre du temps pour moi et surtout de mes mauvaises décisions.
- Pour avoir un soutien moral inestimable mais aussi un soutien technique, pour régler des enjeux qui pèsent lourd.
- Pour l’acceptation, que c’est correct aussi que ça aille mal, ensemble on dédramatise.
- Parce que j’investis du temps sur moi, je me choisis… pour une fois.
- Pour joindre une communauté incomparable, qui discute des vraies réalités vécues, avec entraide, en laissant place à l’humain qui vit de vraies émotions.
- Pour les formations de haut calibre, tellement riches à revisiter encore et encore.
- Parce que c’est le seul filet de sécurité pour les entrepreneurs,
- Parce que c’est une communauté authentique,
- Parce que c’est un soutien que tout entrepreneur devrait avoir tout au long de son parcours entrepreneurial.
- Parce que j’ai fait la découverte des bienfaits de l’accompagnement individuel mais aussi de l’effet de groupe, d’un réseau avec qui il est possible de dire,” je n’ai pas une belle semaine” . D’avoir juste le droit de le dire.
- Parce que ça nous ressemble.
- Parce que c’est une opportunité de réviser et d’actualiser ses bases de connaissances en affaires.
- Pour ceux ayant complété le programme depuis quelques mois, ça laisse un vide, le retour à la solitude, et parfois aux mauvaises habitudes.
- Pour les contacts humains et réguliers… manquent.
- Parce que j’ai une fierté d’avoir fait le parcours persévérance. D’être un persévérant.
